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mardi 5 octobre 2010

Blacksad Tome 4: L'enfer, Le silence (Canales / Guarnido) [Dargaud]

Il aura fallu le mériter pour l'avoir, ce tome 4 ! Entre le tome 3 et le tome 4, un intervalle de pas moins de 5 ans; le plus long intervalle entre deux tomes des enquêtes de Blacksad, le premier volume datant de 2000, le deuxième de 2003, et le troisième de 2005.
Blacksad reprend du service et nous plonge dans une ambiance particulière, celle de la Nouvelle-Orléans et de son jazz des années 50. La cité respire le carnaval et la musique. Il n'y a guère que cela qui compte.
Le détective choisit en effet de débarquer en pleine période de Mardi Gras. Son ami Weekly, reporter, réalise un reportage sur les musiciens qui font la renommée de New Orleans. Après avoir rencontré le producteur Faust Lachapelle, ce dernier demande à Weekly de le présenter à Blacksad. L'enjeu: retrouver le prodige Sebastian "Little Hand" Fletcher sur lequel l'avenir de la compagnie de disques repose entièrement.
Mais aussi banal que ce type de mission puisse paraître, une mission à la Blacksad n'est jamais simple et révèle souvent des ramifications insoupçonnées. Musique, vaudou, drogue, crime... on retrouve avec plaisir ce qui fait le succès de la série. Nous ne sommes pas à New York ? Et alors ?! Evoluer dans les rues de la Nouvelle-Orléans à cette époque de l'année pourrait bien être aussi compliqué et inquiétant que de traîner dans les bas-fonds de la Grosse Pomme.
Côté dessin, on retrouve la seconde raison du succès de la série et ce qui rend attachant le personnage de Blacksad. Le talent de Guarnido, un temps mis au service des studios Disney, opère comme à chaque fois: des traits crayonnés mais précis, expressifs. La justesse des expressions et des associations entre les rôles et les choix d'animaux font de ce volume un nouveau chef d'oeuvre à aligner dans votre bibliothèque au côté des 3 précédents.

Note: 5/5
Images Dargaud

dimanche 25 avril 2010

MA CIRCONCISION (Riad Sattouf)


Riad Sattouf est connu en BD pour son personnage Pascal Brutal, dont le tome 3 a été primé au Festival d'Angoulême, et a réalisé le film "Les Beaux Gosses" en 2009.
Il a également sorti quelques albums mêlant sympathiquement textes courts et  illustrations, sans faire partie d'une série particulière, chez l'Association; parmi ceux-ci, l'on trouve "Ma Circoncision".

Il s'agit d'un récit autobiographique, alors qu'il vivait en Syrie dans son enfance. Ses cousins et ses amis sont tous circoncis, mais pas lui, ce qui provoque des interrogations, voire des angoisses, chez le petit Riad sur cette différence anatomique. Le monde de Riad s'organise autour des dessins animés des années 80, de l'école, de l'ambiance politique plutôt tendue avec les voisins israéliens, et du film "Conan Le Barbare". C'est LA référence chez Riad et ses cousins, qui provoque fascination et aspirations. Seuls les Cimmériens sont dignes, et il est hors de question de s'écarter de la voie. D'ailleurs, un bon Cimmérien n'est-il pas circoncis ?
Le jour où son père annonce à Riad qu'il sera circoncis, tout le petit monde du garçon est chamboulé...



"Ma Circoncision" est l'occasion de se plonger dans l'ambiance qui était celle de la Syrie dans les années 80: le système scolaire et sa conception des châtiments corporels, la place des femmes dans la société, les relations tendues avec le voisin israélien...tout cela par le biais du regard d'un petit garçon. Les quiproquos se multiplient. Souvent les adultes ne prennent pas la peine d'expliquer aux enfants comment marche le monde, ou tout simplement telle ou telle chose du quotidien. Du coup, cela laisse la place aux interprétations enfantines un peu rapides, un peu tronquées, innocentes et surtout drôles !
Un regard intéressant et sans prise de tête.

Images L'Association

jeudi 16 octobre 2008

LA LICORNE (Jean / Gabella)
























Parmi les nouvelles séries, "La Licorne", édité par les éditions Delcourt, fruit de la collaboration de Gabella et Jean. L'époque: la Renaissance, en 1565. Le personnage principal: Ambroise Paré, médecin du Roi. Le postulat: l'anatomie humaine serait bien loin de ce qu'on en pense... Ambroise Paré est plutôt terre à terre et grossier (ce trait de caractère parait d'ailleurs peu véridique, surtout dans la façon d'amener des insultes qui sortent de la bouche de Paré et viennent parfois comme un cheveu sur la soupe et paraissent bien inutiles).
Du point de vue de l'histoire, voilà quelque chose d'original qui nous change des histoires actuelles. En 1565, une série de décès frappe les anatomistes de l'époque, parmi lesquels des amis d'Ambroise Paré. Tout en enquêtant, Ambroise Paré se retrouve vite face aux Asclépiades, des médecins auxquels Paré ne porte que peu d'estime, leurs théories sur la médecine humaine paraissant plutôt farfelues. Toutefois, Ambroise aura peut-être bientôt l'occasion de réviser son jugement: le corps humain est en train de changer, irremédiablement et vite. Si cela paraît normal à l'échelle du temps et de l'évolution, ne l'est sans doute si l'on se rend compte que ces changements sont plutôt fulgurants et pas si naturels que l'on veut bien le penser. Michel de Nostredame, plus communément connu sous le nom de Nostradamus, est le chef de file des Asclépiades, qui tentent d'enrayer la machination, aidés par des êtres fabuleux qui existent depuis la création du monde et qui sont capables de modifier à volonté, et dans l'instant, leur physionomie en fonction des besoins.
Quel rapport avec la Licorne, vous demandez-vous ? Tous les anatomistes qui comptent dans le royaume de France ont reçu un fragment de la fameuse tapisserie du musée de Cluny, "La Dame à la Licorne", chacun renfermant un élément de la solution...
Le tout est servi par des dessins modernes avec des couleurs tournant toutes autour de l'ocre et du marron.

2 tomes parus
images
© Delcourt

dimanche 7 septembre 2008

LA COMPAGNIE DES GLACES (Jotim)

La compagnie des glaces est l'adaptation BD des romans de G.J. Arnaud. On en compte 98 (rien de moins !). La Terre est en proie à une nouvelle période glaciaire, et l'humanité vit désormais dans des villes-gares. Aucun bâtiment n'est fixe. Tout se trouve posé sur des rails et peut voyager d'une station à l'autre. Ces rails sont contrôlés par les compagnies ferroviaires qui règnent désormais sur la Terre et se livrent des batailles impitoyables. La seule religion existante se comporte en dictature.

A côté d'eux, les Roux, que l'on suppose être des animaux, à fourrure, bipèdes, seuls capables de survivre dans le froid sans équipement de survie. Les Roux sont presque réduits à l'esclavage et travaillent à gratter la glace qui se forme en permanence sur les dômes des stations. Mais n'y aurait-il pas un plus grand mystère derrière, personne ne sachant d'où ils viennent exactement ?

Dans ce contexte, Lien Rag, glaciologue, est employé par les compagnies ferroviaires pour surveiller l'état de la glace. Il entend parler de la "voie oblique", mais il s'agit d'un sujet tabou dont il est interdit de parler.

Voilà de bonnes bases pour une série BD. Toutefois, si le dessin est sympathique, j'ai vite été énervé par la narration et le comportement erratique de Lien Rag. En effet, on passe souvent d'un lieu à un autre et de personnages à un autre sans soin de la transition, souvent dans la même page et, encore plus troublant, entre deux cases l'une à la suite de l'autre.

Quant au comportement de Lien Rag, je veux parler à la fois de ce qu'il cherche (le sait-il vraiment ??) et les femmes qu'il croise. Un coup il ne croit pas ce qu'on lui raconte, un coup il le croit, un coup il abandonne, un coup il reprend, un coup il aime la fille du gouverneur, un coup il aime une rousse, un coup il aime une danseuse...ça va deux minutes... Je ne pense donc pas poursuivre les aventures de Lien Rag au-delà de l'intégrale du premier cycle. Dommage parce que j'aime cette atmosphère post-apocalyptique, glacée et le dessin qui la transpose.

Mais c'est une question de goût.


images © Dargaud

samedi 14 juin 2008

AU-DELA DES NUAGES (Hautière / Hugault)


Avec deux tomes, Hautière et Hugault nous porposent une histoire de pilotes quelques mois avant le début de la seconde guerre mondiale, puis pendant cette guerre.

Le 1er tome "Duels" place le décor: un Français et un Yankee, pilotes professionnels privés pour le cinéma ou les constructeurs aéronautiques se mesurent l'un à l'autre. Le Français est accompagné par Marie, une ravissante Française, attirée par le cinéma, qui rêve de faire carrière aux USA. Je vous laisse imaginer les tensions qui vont naître entre les deux hommes, tantôt amis, tantôt rivaux, mais jamais loins l'un de l'autre.


Le second tome, "Combats", fait suite à "Duels", et nous place dans les hangars anglais servant de base aux pilotes français expatriés et aux yankees pour leurs raids au-dessus de la France.

Si l'intrigue peut paraître plutôt commune, l'intérêt principal de ces deux volumes est surtout de nous offrir des reproductions des plus célèbres avions de l'époque avec une précision diabolique et des couleurs vivantes. C'est un régal de suivre les évolutions de ces carlingues vénérables, vierges de toute électronique, mues par des hélices et reposant sur les seules capacités des pilotes et mécanos.



images © Paquet

samedi 10 mai 2008

RG: Riyad-sur-Seine (Dragon / Peeters) Prix Angoulême Essentiel 2008

Une BD française sympathique: "RG" en est à son deuxième opus. Gallimard propose ici de suivre des enquêtes menées par Pierre Dragon, membre des Renseignements Généraux.Le policier passé non pas derrière la caméra, mais derrière les bulles, livre des bribes de sa vie aux RG, que Peeters se charge de mettre en images. Du coup, l'ensemble tient à la fois du journalisme que de la bande dessinée; bref, une sorte de docu-fiction transposée aux cases et aux phylactères.
Le résultat n'est pas lourd du tout, comporte sa dose d'humour, et surtout se livre à nous avec un accès de sincérité indéniable, quoi qu'en dise comicsreporter.com . Evidemment, Pierre Dragon ne peut pas tout révéler et certaines scènes peuvent sembler un peu cliché, mais il faut bien faire quelques coupes par ci par là pour ne pas faire 1500 pages. D'où quelques scènes un peu vite amenées. Comicsreporter.com trouve ainsi ridicule l'arrivée brutale de Dragon à l'ambassade américaine. C'est effectivement un exemple de raccourcis opérés dans l'histoire, et la réalité a été sans doute un peu pluc compliquée que cela. Ne pas oublier toutefois, que nous évoluons dans le monde du renseignement, à la limite du contre-espionnage, et que toutes sortes de liens, réseaux, entraides peuevent exister en-dehors du formalisme du code pénal...

Côté dessin, le style de Peeters ne donne pas dans le trait diaboliquement précis et soucieux de se rapprocher d'une photo, par exemple. En fait, ce style "main levée" sert magnifiquement l'histoire, nous plongeant dans l'instantanéité de l'action, dans le présent. On n'a pas l'impression d'assister à la représentation d'une histoire passée, mais plutôt de participer à une intrigue en train de se dérouler.
Fans de BD polar, il vous est interdit de louper RG. Surtout quand on reçoit le prix



images © Gallimard

dimanche 24 février 2008

YIU Premières missions: Exfiltration Geisha (Téhy / Vax)

Yiu, c'est d'abord une bande dessinée française, menée par Téhy, Vax, Guénet et Renéaume. Yiu explore un domaine encore peu visité par la BD contemporaine: la fin des temps. Même si poult autres titres exploitent le futur comme thème de prédilection, c'est avec Yiu que l'on aborde plus spécialement le thème de l'Apocalypse.

Voilà un thème commun à presque toutes les religions. L'eschatologie (ou étude de la fin des temps) est omniprésente dans les pages de Yiu, et plus particulièrement dans la série principale.

Car Yiu, ce sont deux séries, la principale, et l'autre qui traite des missions annexes accomplie pas Yiu. Sa génèse en quelque sorte, comme cela devient d'ailleurs l'habitude pour les séries à succès.

Yiu vit en 2116, à une époque où les religions dominent aussi le monde politique et économique. Jérusalem, qui a toujours été la ville de toutes les religions, ressemble désormais à une monstrueuse mégalopole où les tours occupées par les religions ne laissent même pas apercevoir le ciel. Afin d'assurer leur suprématie, favoriser ou faire échec à telle alliance ou telle volonté de la confession concurrente, les hauts personnages religieux engagent des tueuses. Yiu fait partie de ces tueuses. Elle accomplit ces commandes de meurtres afin de récolter l'argent nécessaire à la survie de son petit frère. Celui-ci est l'un des rares enfants "bios". Mais en tant que tel, le petit garçon est victime de graves insuffisances cardiaques ou autres. Seule une opération hors de prix pourrait le sauver. Yiu décide de mettre sa vie en jeu en accomplissant des missions suicides pour le compte des religions.


La série principale se lit en continu, d'un épisode à l'autre. L'une des religions, peut-être plus obsédée sue l'autres par la fin du monde, crée l'Anté-Christ oparfait, l'être ultime qui anéantira le monde actuel et provoquera la venue d'un nouvel ordre. Yiu est engagée pour éliminer le monstre.

Quant à la série annexe, "Premières missions", elle raconte comment Yiu, au fil des missions qui lui sont confiées, devient une machine à tuer extrême et comment son corps subira les outrages de la bio-mécanique. Le dernier tome 3exfiltration Geisha" vient de sortir.

Chacune des deux séries en est à son cinquième tome. Si l'esprit est le même dans chacune, l'aspect visuel de la série principale est bien différente de sa petite soeur: il s'agit de dessins crayonnés, sans assistance digitale d'aucune sorte, tandis que Première missions offre un visuel plus classique.

Cela étant, les deux sont identiques dans l'approche des histoires. Soleil ne s'adresse pas à un public jeune, mais plutôt à un public averti. Le côté gore, le langage dur et l'érotisme sous-jacent destinent la série à des lecteurs plus mûrs.


Plus d'infos sur http://www.yiu.net/

images © Soleil

samedi 16 février 2008

LE TRIANGLE SECRET - INRI (Convard / Wachs / Gine / Falque)


La première série du Triangle Secret compte 7 tomes, et sa suite 4 tomes. Le Triangle Secret est un phénomène BD. C'est le succès de la première série qui a conduit à créer INRI.

Le Triangle secret traite tout à la fois de franc-maçonnerie, du frère jumeau de Jésus, de sa tombe en France, des Templiers, du Vatican...

... bref de quoi reléguer le Da Vinci Code à ce qu'il est, c'est-à-dire au simple rang de roman de gare. Même si le thème du complot du Vatican qui cherche à se protéger paraît quelque peu éculé, il n'en demeure pas moins que le Triangle Secret sait indubitablement tenir le lecteur en haleine.

L'action se déroule de nos jours, alors qu'un chercheur disparaît après avoir commencé à étudier un manuscrit détenu par Martin Hertz, et qui ne serait rien moins qu'un 5ème évangile écrit par Jésus. Un de ses amis, aidé par la veuve du chercheur, tente d'élucider ce mystère. Pour cela, il entrepend notamment de continuer les recherches du disparu malgré les mises en garde qui se multiplient.

Car l'accomplissement des recherches pourraient conduire à ébranler totalement les fondements du Vatican et du dogme chrétien, l'existence même d'une quelconque résurrection.
Mais Convard nous rassure : « Le Triangle Secret est une œuvre de fiction bâtie sur l'interprétation de quelques faits qui l'ont influencé »; il ne faut donc « l'aborder qu'en tant que tel ».



Quant à INRI, cette suite en 4 tomes vous initiera aux origines du Triangle Secret par des flash-backs, tandis que le Vatican se trouve en butte à des maîtres chanteurs d'un genre particulier...




images © Glénat

vendredi 8 février 2008

V POUR VENDETTA (Moore / Lloyd)

Affiche promotionnelle à la sortie du 1er épisode


Alan Moore est un personnage incontournable du paysage comics / BD. Parmi ses créations ou participations les plus connues: Watchmen, Wildcats, La Ligues des Gentleman Extraordinaires, From Hell, Swamp Thing, et bien sûr le non moins incontournable V pour Vendetta.
"V" vit dans une Angleterre contrôlée par un parti faciste, le Norsefire. Ce parti a pris la tête du pays après une guerre mondiale ayant éclatée dans les années 1980. L'Angleterre épargnée militairement mais en proie au chaos s'est trouvé un gouvernement totalitaire, contrôlant tout et tous. Des agents patrouillent les rues sous couvre-feu et se livrent à des actes que personne ne peut et n'ose leur reprocher.
En 1997, l'anarchiste "V" s'élève et mène contre cette organisation sans vergogne une lutte qui ébranle un système que le gouvernement pensait bien assis sur ses fondements.
Au gré de ses patrouillent nocturnes, V sauve une jeune fille de 16 ans, Evey, qui allait être violée par les agents du Finger. C'est à ce moment que débute l'histoire contée par Alan Moore.
Avec ce titre, le lecteur est entraîné au-delà du banal comic. Le génie scénaristique de Moore nous fait visiter un univers glauque, sans aucun repère. Pendant la plus grande partie de l'histoire, il est impossible de savoir si "V" est un psychopathe, un terroriste, ou un génie qui sait devoir dépasser les règles de la guerre conventionnelle pour ébranler le système.
Alan Moore a également réussi à faire d'un comic une réflexion très poussée sur le gouvernement des hommes, la politique et la philosophie politique. V pour Vendetta est autant un livre de réflexion que de divertissement, avec nombre de développements théoriques mis en parallèle avec l'histoire brittanique.

"Anarchie veut dire "sans maître", pas "sans ordre". Avec l'anarchie vient une ère d'Ordnung, d'ordre vrai, qui ne peut être que volontaire. L'ordre, s'il est imposé, engendre le mécontentement, père du désordre, parent de la guillotine. Les sociétés autoritaires sont comme le patinage artistique : complexes, d'une précision mécanique parfaite, et par dessus tout précaires. Sous une fine couche de civilisation, le chaos guette... Lorsqu'elle sentira le chaos la talonner, l'autorité ourdira les plus viles intrigues pour préserver un semblant d'ordre... Mais un ordre sans justice, sans amour et sans liberté, ce qui ne pourra ralentir longtemps la descente de leur monde aux enfers."

"L'autorité n'admet que deux rôles : le bourreau et la victime, transforme les gens en poupées qui ne connaissent plus que peur et haine, tandis que la culture plonge dans les abysses. L'autorité déforme ses enfants et change leur amour en un combat de coq... L'effondrement de l'autorité aura des répercussions sur le bureau, l'église et l'école. Tout est lié. L'égalité et la liberté ne sont pas des luxes que l'on écarte impunément. Sans ceux-ci, l'ordre ne peut survivre longtemps sans se rapprocher de profondeurs inimaginables."
"Souviens-toi, oui, souviens-toi de ce 5 de Novembre, de ses poudres de sa Conspiration...Souviens-toi de ce jour souviens-t'en à l'oubli je ne puis me résoudre" (c.f. A Nursery Rhyme Poem for Children)
Tout dans le dessin contribue à l'atmosphère de l'oeuvre: les jeux d'ombres, les couleurs bizarres...
V pour Vendetta est une oeuvre unique qui se doit d'être lue. Pour ceux qui auraient vu le film sans avoir lu le comic, sachez que ce dernier est plus étoffé que le film et va plus loin. C'est un complément indispensable si vous avez apprécié l'adaptation cnématographique.



Source citations: Wikipedia
image © DC / Vertigo

dimanche 9 décembre 2007

TIF ET TONDU - Will / Rosy / Tillieux



Si vous succombez au charme de la BD franco-belge née dans les années 50, alors vous vous souvenez probablement de Tif et Tondu, les deux compères qui mènent des enquêtes, assistent la police, voyagent dans le monde entier. C'est l'époque Dupuis, avec Spirou, Fantasio et autres Gil Jourdan et Benoît Brisefer.

La rondeur des traits rend la BD foncièrement sympathique et vivante. Le dessin est assuré par Will, mais il n'y aura pas eu qu'un seul scénariste; il faut dire qu'avec pas moins de 45 albums différents, cela nécessite une sacrée imagination.



Rosy sera le premier à s'associer à Will. Il emmènera Tif et Tondu dans de véritables aventures, mettant souvent en scène le fameux Choc, la Némésis des deux compères qui reveint dans au moins une douzaine d'histoires. Distingué, inventif, le visage masqué par un heaume, Choc est le maître absolu du monde criminel, soutenu par une organisation diabolique.


Avec Tillieux, les histoires prennent un autre tour, et spécialisent Tif et Tondu dans de véritables intrigues policières, et les voient prêter main forte aux policiers ou agir à titre de détectives privés. Choc disparaît à la faveur d'énigmes policières et semble-til fantastiques, mais que Tif et Tondu démontent systématiquement.


Dupuis a entrepris de publier plusieurs séries d'intégrales, dont une consacrée à nos deux héros. Pas moins de 15 volumes seront nécessaires pour épuiser toutes les histoires connues (à raison de trois histoires par intégrale) plus un ultime volume consacré aux inédits. Deux sont déjà sortis, le premier nous racontant les premières apparitions de Choc (avec Rosy au scénario), le second impliquant Tif et Tondu dans des énigmes purement policières (avec Tillieux au scénario).


images © Dupuis 2007

dimanche 18 novembre 2007

7 PSYCHOPATHES - Vehlmann / Sean Philips

Lorsque qu'un auteur de comics s'aventure hors de son domaine, il s'agit généralement d'un scénariste engagé en tant que tel pour l'élaboration d'une série TV. Toute autre sorte de collaboration est plutôt rare. C'est pourquoi "7 psychopathes" est une bande dessinée à ne pas laisser passer.

Sean Philips abandonne temporairement ses pinceaux des comics pour ceux de la bande dessinée. Ce dessinateur est surtout connu pour pour sa participation à Marvel Zombies, Criminal, Invincible, Hellblazer, Uncanny X-Men, Wildcats ou encore Batman. L'exercice est différent mais Sean Philips s'en tire avec le même talent.

"7 psychopathes" est le pari fou d'un Colonel anglais et d'un aliéné nommé Goldschmidt qui se croit persécuté (alors qu'il n'est pas juif) pour assassiner Hitler: engager 7 aliénés difficilement impressionnables qui seraient parachutés en territoire ennemi et tenteraient de mettre fin au IIIème reich. Vous vous en doutez, tout ne se passera pas comme prévu. De ce côté, les rebondissements sont plutôt ingénieux; toutefois, malgré une longueur inhabituelle d'une soixantaine de pages, c'est une lecture très rapide.

Côté dessin, le style de Philips reste le même: précis et simple mais sans s'embarrasser d'aucun détail. Cela donne un résultat efficace et nerveux mais qui accélère encore plus la lecture.
"7 psychopathes" est le premier d'une série d'albums commençant tous par "7". Il n'y a toutefois aucun lien entre chaque album; tous les auteurs et dessinateurs sont différents, et je ne suis pas sûr que la qualité soit systématiquement au rendez-vous. Le deuxième tome, "7 voleurs" met en scène des nains, des orcs et autres personnages de fantasy s'alliant pour mettre la main sur un trésor.
image © Delcourt 2007

jeudi 8 novembre 2007

PERSEPOLIS - Marjane Satrapi

De même que Maus, voici une oeuvre autobiographique qui mérite la plus large diffusion. En quatre volumes (ou sous forme d'intégrale), Marjane Satrapi évoque sa vie en tant que citoyenne iranienne, depuis son enfance dans les années 1970 jusqu'à nos jours. Et c'est peu dire que l'histoire iranienne est riche en évènements marquants en seulement trente ans: régime autocratique, révolution, guerre Iran-Iraq, régime religieux... Or la famille de Marjane Satrapi a souvent joué un rôle dans l'histoire politique de l'Iran, ce qui renforce la crédibilité et l'intérêt du récit.



Un récit qui est d'ailleurs très simple à suivre. Le caractère pédagogique de l'oeuvre est indéniable, Marjane Satrapi réussissant à nous plonger dans son état d'esprit à chaque étape de sa vie: regard d'enfant, d'adolescente puis de jeune femme, dans un Iran loin de faciliter la vie de ses citoyennes.

C'est aussi le regard d'une adolescente partie en Europe retrouver un peu d'air frais, mais dans un monde très différent du sien.

Trop occidentaliste dans son pays, trop Iranienne à l'étranger, Marjane Satrapi nous décrit avec simplicité mais efficacité sa condition et son combat quotidien.
Une lecture malgré tout assez "fraîche" et qui nous laisse à coup sûr une sympathie naturelle enver Marjane Satrapi et toutes les personnes qui, ayant croisé ou non sa route, ont eux aussi agi pour la liberté d'esprit ou qui l'ont tout simplement inspirée.

image © 2001 M. Satrapi, N&B - L' Association

samedi 27 octobre 2007

HAUTEVILLE HOUSE - Science-fiction et Second Empire (Duval / Gioux / Quet / Beau)


Hauteville House est le nom de la maison de Victor Hugo à Guernesey, durant son exil. Pourtant vous ne verrez pas l'écrivain mis en scène dans cette bande dessinée. Il est plutôt question du républicanisme anti - Napoléon III que de Hugo lui-même.



L'action prend place en Amérique du Nord et du Sud. Les agents de l'Empire tentent de retrouver et de s'emparer d'une arme terrible et fantastique, incontrôlable, et entend mettre son grain de sel dans la guerre de Sécession qui fait rage aux USA.
Face à cette menace, agents français républicains et agents américains oeuvrent de concert et unissent leurs efforts.
On apprécie surtout l'originalité de la série et son exotisme, avec une mise en images haute en couleurs. Le mélange de l'Histoire et de la science - fiction ne gêne pas, à condition bien sûr de ne pas chercher de vérité historique.
Le quatrième volet des aventures d'Hauteville House vient de paraître, annonçant une bataille apocalyprique entre Etats Nordistes / agents français républicains et Etats Sudistes et agnets de Napoléon III.
Pour en savoir plus:
images © Delcourt

jeudi 11 octobre 2007

MURENA (Dufaux / Delaby) | DARGAUD

A Rome, l'empereur Claude est mort empoisonné par Agrippine, afiçn de ne pas être répudiée an faveur de Lolia Paulina, mère de Murena.


Britannicus aurait, dès lors, dû être nommé Empereur. Claude avait en effet écarté Néron par écrit avant de mourir. Mais c'est une fois de plus sans compter sur Agrippine, qui se débarasse de l'écrit, et, tant qu'à faire, de l'importun, plaçant ainsi son fils Néron à la tête des Romains.


Murena, de son côté, n'a de cesse que de retrouver les assassins de sa mère...


Le graphisme de Delaby est irréprochable, et le scénario très bien ficelé par Dufaux. Le but de cette série est clairement de nous familiariser avec l'histoire romaine - l'authenticité est le maître mot de cette série, excepté le fameux testament de Claude qui n'a jamais été retrouvé.
Murena est une excellente série historique qui régale les yeux du lecteur et le ravît par le sérieux du scénario.

vendredi 5 octobre 2007

Souvenirs de la Grande Armée tome 1 - Dufranne / Alexander / Fernandez

Delcourt nous offre une nouvelle série. Celle -ci est historique et entreprend de nous raconter l'envers du décor des guerres napoléoniennes. Le premier tome commence en 1807, lors de la campagne de Pologne. L'armée impériale a déjà vécu Auterlitz et Iéna, et l'objectif est de rallier Moscou. Mais les tensions, les problèmes de langue et les cosaques mènent la vie dure au 2ème chasseurs.
Il n'est donc pas question ici de stratégie et de génie militaire, mais du quotidien des soldats et des cavaliers. Le scénario est plutôt bien ficelé et le dessin est précis, mais c'est sur la durée que l'on pourra vraiment se faire une idée de la qualité de cette série.

lundi 1 octobre 2007

MAUS - Art Spiegelman


S'il ne devait y avoir qu'une seule BD à sauver de la fin du monde, ce serait celle-ci. Ecrite et mise en image par Art Spiegelman, auteur US, cette bande dessinée couronnée par la prix Pulitzer nous raconte l'holocauste, depuis les premières persécutions jusqu'à l'immédiate après-guerre.
Le rythme du récit suit les conversations d'Art Spiegelman avec son père, rescapé des pires camps de concentration et d'extermination. Toutes les nationalités sont représentées sous la forme d'animaux. Ainsi, les Juifs sont des souris, les Polonais sont des cochons, et les Allemands sont des chats. Cette approche zoomorphe n'allège pas forcément le poids du récit. C'est surtout une référence à la propagande nazie qui stigmatisait les Juifs en souris et les Polonais en cochons.
Ce que ce récit a de remarquable par rapport aux autres sur le même sujet, c'est que tout le monde en prend pour son grade. Personne n'est épargné, et Art Spieglman n'hésite pas à peindre son père tel qu'il est: un héros, un survivant à l'esprit vif, mais tourmenté par ses démons et devenu impossible à vivre. L'auteur lui-même ne s'épargne pas et se décrit comme quelqu'un de hanté par un holocauste qu'il n'a pas vécu, mais qui a tué ce grand frère qu'il n'a pas connu. Une sorte d'exorcisme psychanalytique par l'écriture et le dessin.
Une lecture à éviter avant de se mettre au lit, mais qui ravit malgré tout une fois qu'elle est terminée, étant donné l'originalité de l'approche.

jeudi 6 septembre 2007

UNIVERSAL WAR ONE (Denis Bajram) | SOLEIL

Avis aux amateurs de science-fiction: cette série est une perle ! Au milieu de toute cette profusion de séries BD, celle-ci sort assurémment du lot.
Denis BAJRAM, tout à la fois scénariste et dessinateur, orchestre de main de maître cette odyssée spatio-temporelle. Dans le domaine des voyages dans le temps et l'espace, on croyait avoir tout vu ou presque. Et pourtant, dès que l'on ouvre le premier tome on ne décroche plus avant la dernière page du sixième et ultime épisode.
Dans un futur plus ou moins proche où les Colonies spatiales se rebellent contre la Terre, le Mur apparaît; une chose qui coupe l'Espace en deux, insondable, et dont on sent la dangerosité extrême. Dans une tentative pour en déterminer la nature et le potentiel, une escadrille composée de repris de justice est envoyée à la rencontre du Mur. A partir de là, ce ne seront que théories scientifiques, voyages spatio-temporels plus ou moins maîtrisés, mort, destruction.
La façon dont Bajram nous distille l'histoire rend les personnages extrêmement humains, pour le meilleur et pour le pire; et si le scénario peut sembler compliqué, il ne subsiste absolument aucune part d'ombre à l'issue du dernier tome. C'est là que frappe l'ingéniosité et le vertige du scénario. Chaque partie de l'histoire s'imbrique parfaitement dans la trame générale.
Le tout servi par un graphisme simple, efficace, léger mais ô combien juste !
Interdiction absolue de passer à côté !
En savoir plus http://www.bajram.com
image © Soleil / Bajram

dimanche 2 septembre 2007

CARTHAGO Tome 1 - Le Lagon de Fortuna


Amateurs de BD, cette nouvelle série signée Bec et Henninot est prometteuse. Mélangez une multinationale de l'énergie, des grottes abyssales, des mégalodons, un collectionneur sans scrupules, et vous obtenez un scénario plutôt recherché qui vous accroche dès le début.

La mise en scène, servie par des dessins et des couleurs de toute beauté, devrait vous séduire.

Vivement le deuxième tome !

- 56 pages

- Les Humanoïdes associés

image © Les Humanoïdes Associés - 2007