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dimanche 22 avril 2012

BATMAN: AMERE VICTOIRE / Dark Victory (Loeb / Sale) | DC


Après Un Long Halloween, Jeph Loeb et Tim Sale ont récidivé dans leur collaboration sur le Chevalier Noir. Il s'agit d'une suite d' Un Long Halloween. Après une longue série de meurtres et une enquête difficile, le tueur Holiday a été arrêté. Harvey Dent aussi est sous les verrous, et sa femme Gilda Dent a fui Gotham City sans laisser de trace. Devenu désormais Double-Face, l'ancien procureur est devenu lui-même un criminel et loge à Arkham Asylum.
Du côté de la mafia, Sofia Gigante Falcone a pris la succession de son père. Elle est clouée dans un fauteuil roulant après une chute qui l'a laissée tétraplégique. Elle affiche une forte personnalité et entend régner sans partage sur le milieu, à Gotham.
Dans ce contexte, une évasion d'ampleur a lieu à Arkham. Solomon Grundy, Poison Ivy, L'Epouvantail, Joker, Calendar Man entre autres se retrouvent dans la nature... de même qu'Harvey Dent.

C'est au même moment qu'une nouvelle série de meurtres est amorcée: uniquement des policiers de Gotham, ayant une plus ou moins longue carrière derrière eux, et ayant tous trempé de près ou de loin dans des affaires de corruption. Sur chaque cadavre, il est retrouvé un jeu du pendu, tracé sur un document officiel. Chaque document est lié à l'ex-procureur Dent, désormais évadé...


Entre les criminels d'Arkham partis en goguette, la mafia locale en pleine reconstruction et Bruce Wayne refusant de croire à la culpabilité pourtant évidente d'Harvey Dent, le détective de l'ombre Batman est débordé et la frustration ne fait qu'augmenter...
Encore une fois, Tim Sale apporte la classe de son dessin au service d'un vrai scénario d'enquête, dans la tradition de détective de Batman. Sobre mais expressif et efficace.


Note : 5/5 
Images DC Comics

dimanche 15 avril 2012

BATMAN: UN LONG HALLOWEEN / The Long Halloween (Loeb / Sale) | DC

 

Il est des duos dont le talent restera pour toujours associé à un personnage. C'est le cas pour Jeph Loeb et Tim Sale qui s'intéressent beaucoup aux origines des héros Marvel (Hulk: Grey, Daredevil: Yellow, Spider-Man: Blue...) et DC avec Batman.
Un Long Halloween se situe chronologiquement quelques mois après Batman: Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli qui contait la première année de Bruce Wayne sous la cape du Batman, à 25 ans.


Gotham City est la proie de la guerre que se livrent les familles mafieuses du secteur, les Maroni et les Falcone. Entre eux, le capitaine Jim Gordon et Harvey Dent, procureur acharné et incorruptible. Un soir, Batman, Gordon et Dent font le pacte de tout mettre ne oeuvre pour neutraliser les Falcone, en étirant la loi s'il faut, mais sans jamais l'enfreindre.
Puis le soir d'Halloween, Johnny Viti, chef mafieux, est assassiné dans son bain par un meurtrier inconnu. C'est le début d'une longue série de meurtres intervenant tous à des jours particuliers de l'année. L'assassin est dès lors surnommé par la presse Holiday et utilise un pistolet .22 long rifle avec une tétine de biberon en guise silencieux.
Dans le chaos ambiant, entre guerres mafieuses, meurtres en série par un tueur insaisissable, Dent poursuit sans relâche sa croisade, au point de provoquer une fois de trop les mafieux... qui feront de lui Double-Face. Dent est soupçonné d'être Holiday, Bruce Wayne est accusé de connivence avec les Falcone... Gotham vit des heures bien sombres.


Grâce à Loeb, Batman apparaît comme le détective froid et méthodique auquel on s'attend. On est loin des Batman violents, agressifs et bien trop torturés pour rester fidèles au mythe. Ici on est dans la sobriété mais aussi l'efficacité. La narration est continue et n'a pas de temps mort, ce qui maintient l'intérêt tout du long. Tim Sale contribue tout autant à l'ensemble, grâce à son trait léger et si sobre qu'il donne l'impression de tout faire d'un seul trait, sans lever la plume. Son style années 40 - 50 colle tout à fait à la cité de Gotham.

Note : 5/5
Images DC

dimanche 29 janvier 2012

BATMAN: THE DARK KNIGHT - NOUVELLE AUBE / GOLDEN DAWN (David Finch) | DC


Le premier volume de Batman: The Dark Knight a été publié avant le reboot DC. Dave Finch l'a entièrement dirigé, scénario et dessin.
Bruce Wayne apprend la disparition de Golden Dawn. Du temps de son enfance, Golden était une petite fille à la fois inquiétante et attirante pour Bruce. Chacun dans son genre, Bruce et Golden étaient semblables.
Mais aujourd'hui son amie d'enfance a disparu de façon très inquiétante, et Batman se lance à sa recherche. Son enquête l'amène vite à s'intéresser à Killer Croc et un trafic de drogue.


Ce qui détonne particulièrement dans ce Batman par Finch, c'est la violence et la radicalité des actions de Batman. Alors qu'on nous a toujours montré que Bruce Wayne était un enquêteur froid, efficace et en contrôle de lui-même, Finch nous décrit un Batman loin d'être serein et plein de fureur, un peu comme celui de Neal Adams dans Batman: Odissey : extrême, des expression toujours exagérées...
Sinon le style chargé et sombre de Finch convient tout à fait à l'atmosphère de Gotham: une cité qui s'efforce de gagner la surface mais qui retombe sans cesse dans ses travers.


3/5
Images DC

dimanche 22 janvier 2012

FLASHPOINT (Geoff Johns / Andy Kubert) | DC


Barry Allen - Flash - est victime d'un malaise. Lorsqu'il se réveille, le monde autour semble bien étrange. Et pour cause : Aquaman et Wonder Woman sont en guerre l'un contre l'autre et ont entraîné le reste du monde avec eux. Aquaman a investi l'Europe, Wonder Woman a décimé l'Angleterre pour y fonder sa nouvelle capitale, la JLA n'existe pas, Superman est resté un alien craintif privé de la lumière du soleil, et Batman est Thomas Wayne au lieu de Bruce.


Ce ne sont pas les seules choses qui ont changé : Flash n'existe pas et la mère de Barry Allen est bien vivante. Il n'a plus ses pouvoirs dans ce monde altéré. Pourtant il va bien falloir faire quelque chose, car petit à petit ses souvenirs de l'ancien monde disparaissent au profit de nouveaux, et visiblement quelqu'un est responsable de tout ce changement. Avec Batman et Cyborg, Barry devra à la fois lutter pour recouvrer ses pouvoirs, enquêter pour remettre les choses en ordre, et trouver une solution à la guerre entre Aquaman et Wonder Woman.


L'ambiance apocalyptique est sympa et les changements dans l'univers DC intéressants. Pourtant la lecture des cinq épisodes de la mini-série passent bien vite. Quand on atteint la dernière page, on se rend compte que finalement il ne s'est pas passé tant de choses que cela. Flashpoint aurait sans doute mérité quelques épisodes supplémentaires pour étoffer le tout.

Note : 3/5
Images DC

jeudi 8 décembre 2011

Jerry Robinson est mort

Jerry Robinson, encreur de Bob Kane (Batman) à la grande époque, mais également à l'origine du personnage du Joker, est décédé aujourd'hui à l'âge de 89 ans.
L'article original sur: Newsarama 

dimanche 20 février 2011

LE RETOUR DE BRUCE WAYNE (Morrison / Divers) | DC


La mort n'est jamais définitive dans le monde merveilleux des comics et bd. Preuve en encore faite avec "The Return of Bruce Wayne", présenté en une mini-série de 6 épisodes.
Pour résumer très rapidement, Batman est mort dans un face à face avec Darkseid. Batman a réussi à tirer une balle contre le dictateur d'Apokolips avant d'être réduit à l'état de squelette.


Mais Darkseid a en réalité fait mieux que ça: il a précipité Bruce Wayne dans le passé. Bruce a tout oublié de sa vie et sa personnalité. Et à intervalles réguliers, il fait des bonds en avant dans le temps et oublie de nouveau tout de sa vie précédente. La JLA a compris qu'en remontant petit à petit la ligne du temps, Bruce Wayne se charge de plus en plus d'énergie Oméga. Lorsqu'il rattrapera notre époque, le cumul d'énergie provoquera un trou dans le temps et précipitera la fin du monde. La victoire ultime de Darkseid...


Grant Morrison est l'unique scénariste des six épisodes que compte la mini-série, mais six dessinateurs se relaient.
"Le retour de Bruce Wayne" marque surtout un nouveau changement dans les comics Batman. Après avoir organisé l'héritage du Dark Knight, désormais il va falloir faire avec un Batman de trop... Et pour DC, c'est la porte ouverte à d'encore plus nombreux titres, comme avec le nouveau "Batman: Incorporated".


Note: 3/5
Images DC

vendredi 25 juin 2010

BLACKEST NIGHT (Johns / Reis) | DC


La fameuse prophétie présente dans le serment des Green Lantern est enfin survenue. C'est le plus gros événement de 2009 chez DC (achevé en 2010, 8 épisodes), après une longue préparation dans les différentes revues.
Dans « Green Lantern », les Gardiens Ganthet et Sayd affirment que le Green Lantern Corps, le Sinestro Corps et le Star Sapphire seront rejoints par d'autres factions, chacune représentant une autre émotion du spectre de la lumière, et que cela aboutira inéluctablement à une guerre entre les corps.
De fait, dans la série régulière Green Lantern, les factions se créent les unes après les autres: la rage (rouge) menée par Atrocitus et alimentant son feu de la soif de vengeance née du massacre du secteur 666, l'espoir (bleu) mené par Ganthet et Sayd qui tentent d'agir contre la survenance de Blackest Night, l'avarice (orange) refait son apparition malgré un ancien pacte conclu avec les Gardiens, et la compassion (indigo) dont on ignore tout.

Mis à part les petits indices subtils, le début de Blackest Night pourrait se situer dans "DC Universe #0", où Black Hand découvre la batterie noire sur la palnète Ryut, dans le secteur 666. Il s'agit du secteur massacré par les Manhunters qui ont précédé les Green Lantern. Les événements de cet épisode issu du Free Comic Book Day sont directement prolongés dans Blackest Night #1.

SPOILERS A PARTIR D'ICI
La Blackest Night elle-même commence avec la trahison d'un Gardien, Scar, qui assassine l'un de ses congénères et neutralise les autres avant qu'ils puissent réagir. Black Hand, sur Terre, vole le crâne de Bruce Wayne et deux Green Lantern meurent en découvrant la batterie noire dans le secteur 666.
Alors que tous les héros et vilains honorent la mémoire de leurs morts, des anneaux noirs se répandent dans l'univers et raniment les corps des morts, aussi bien d'un côté que de l'autre: Aquaman, Thawne, Martian Manhunter... Tous ne veulent qu'une chose: de la "chair ", et tuer tous les vivants pour leur attribuer un anneau noir et les faire revenir à leurs côtés. De cette façon, des tombes se trouvent vidées et des membres de la JLA passent du côté obscur. Tous les êtres qui surgissent sont imbattables, étant déjà morts.
Hal Jordan et Flash combattent ces Black Lanterns jusqu'à l'arrivée des Indigos. L'action combinée des deux couleurs permet de casser la liaison entre les corps et les anneaux qui ressuscitent sans cesse leurs porteurs. L'un des aspects de Blackest Night est donc de faire collaborer les différents corps entre eux. Flash propage la nouvelle.
De la même manière, Dove (La Colombe) se révèle mortelle pour les Black Lanterns, grâce à sa lumière blanche pure.
L'un des atouts des vivants dans cette lutte est Deadman, le spectre d'un homme mort qui se balade sans être vu, et pouvant prendre possession du corps d'un vivant. Il est le premier à comprendre que les Black Lanterns ne sont que des copies des êtres disparus. En effet, il voit un anneau s'emparer de son corps et le "ranimer" alors qu'il demeure sous la forme d'un spectre. Ces corps ne sont donc que des outils dans la main de quelqu'un d'autre.
Black Hand n'est finalement qu'un second couteau, ainsi que l'ex-Gardien Scar. L'ennemi ultime des vivants en fait Nekron, invoqué par eux. Cette batterie est arrivée sur Terre, à la surprise générale des vivants. Elle s'installe à Coast City, la ville du Green Lantern Hal Jordan. Nekron fait revenir les millions d'habitants qui avaient péri dans une aventure précédente de Green Lantern.
Le but de Nekron est d'annihiler toute vie dans l'univers, afin de retrouver la paix. La vie n'est selon lui qu'un accident intolérable qui doit être réparé. Il est ainsi révélé que contrairement à ce qu'affirmaient les Gardiens, la vie n'est pas apparue sur Oa, mais sur Terre. L'Entité de la Lumière Blanche a provoqué la vie, et incidemment provoqué l'apparition des émotions qui composent la vie: peur, rage, espoir, volonté, amour, et compassion. Chaque émotion a son Entité essentielle, comme Parallax et Ion. Après avoir créé la vie, l'Entité Blanche s'est enfouie dans les profondeurs de la Terre. C'est pour cette raison que les Black Lanterns ont débarqué sur Terre, afin de tuer cette Entité qui étend ses ramifications sur tous les êtres vivants de l'univers.
 
Tout comme Parallax et Ion, cette Entité a besoin d'un hôte pour être guidée. Contre toute attente, c'est Sinestro qui est choisi par l'anneau blanc de la lumière, unissant toutes les variations du spectre de la lumière. Mais Sinestro ne se révèle pas assez efficace, car il nourrit son pouvoir par son ego et sa volonté de prouver qu'il est le meilleur Lantern de tous les temps, au lieu de nourrir son pouvoir de la volonté de vivre. Il est défait par Nekron.
La clé de la victoire est donnée par Deadman, qui a fini par trouver le point faible de Nekron: il n'existe dans notre dimension que grâce au lien qu'il a avec Black Hand. En ressuscitant Black Hand, ce lien sera rompu et Nekron sera vaincu. Hal Jordan prend donc le relais de Sinestro et crée un White Lanterns Corps. Chaque héros qui avait déjoué la mort et s'était retrouvé contaminé par un anneau noir (Superman, Wonder Woman...) est transformé en White Lantern. Ce gruope attaque et ressuscite Black Hand. Redevenu vivant, il n'est plus capable de créer d'anneaux noirs. A l'inverse, il provoque un anneau blanc qui fait revivre l'Anti-Monitor. Celui se révèle donc être la source de la batterie noire. Mais Nekron le balaie d'un revers de main en l'exilant dans son monde d'origine, la planète Qward, dans le monde de l'Anti-matière.
Nekron est détruit par les anneaux blancs de Black Hand, qui ensuite font revivre des Black Lanterns: Maxwell Lord, Professeur Zoom, Jade, Hawk, Captain Boomerang, Firestorm (Ronnie Raymond), Martian Manhunter, Aquaman, Hawkman, Hawkgirl, Deadman, et Osiris.
Les dessins sont d'Ivan Reis et sympathiques. Mais il est conseillé de ne pas se limiter à la seule mini-série de 8 épisodes stricto sensu de Blackest Night. Des points importants de l'histoire sont abordés (sans être forcément de nouveau expliqués dans la série principale), dans Blackest Night: Titans, Blackest Night: Superman, Balckest Night: Batman, et bien spur Green Lantern (la série régulière).
Aucune explication n'est encore donnée sur le pourquoi du retour à la vie de ces personnages. Les suites sont données dans Brightest Day, en cours de parution, et qui devrait éclaircir ce point. S'agit-il de faire revenir des personnages plébiscités par le public de DC ?
En ce qui concerne Bruce Wayne alias Batman, pourquoi ne devient-il pas un Black Lantern ? Sans doute parce qu'il n'est pas vraiment mort... En effet, DC est également en cours de parution d'une mini-série de 6 épisodes devant à terme ramener Bruce Wayne parmi nous. Il est semble-t-il raconté qu'il serait en fait perdu dans le temps depuis sa confrontation avec Darkseid, et non mort comme supposé jusqu'à présent.
Deux séries à suivre prochainement.

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mardi 22 décembre 2009

BATMAN: THE KILLING JOKE (Alan Moore) / RED HOOD / ORIGINES DU JOKER

SPOILER
La ré-apparition de Red Hood dans l'univers DC et la réédition de "The Killing Joke" sont liées. La série actuelle "Batman & Robin" met en scène Red Hood, personnage radical, sorte de Punisher de chez DC. Il est accompagné de Scarlet, rescapée des premiers épisodes. Mr Pyg se baladait avec un masque de cochon, était accompagné d'une troupe de cirque assez invraisemblable, et s'amusait à appliquer sur ses victimes des masques fusionnant avec leur visage, et en faisant des pantins à son service. Scarlet en avait réchappé de justesse et avait rejoint Red Hood en fin d'histoire. S'en est suivi un arc sur la Vengeance de Red Hood, qui s'est avéré être Jason, l'ancien Robin devenu fou, et après avoir été ressuscité dans un puits de Lazarus à différents moments de son histoire. Dans cette version actuelle, Red Hood apparaît comme une sorte de Punisher qui considère que le nouveau Batman est inefficace. La coïncidence des logos en forme de crâne ets plutôt saisissant.
Parallèlement, DC a décidé, comme pour "Batman: Hush", de rééditer une ancienne histoire. En l'occurence, The Killing Joke. Voilà une pièce maîtresse dans la bibliothèque Batman. Une histoire que tout un chacun devrait lire. Orchestrée par Alan Moore, on retrouve le même style que pour Watchmen dans la noirceur du scénario et les couleurs assez kitsch et représentatives des années 80. Conscient de la relation malsaine qui existe entre lui et le Joker, Batman se rend à Arkham pour se confronter au crimienl fou: soit ils trouvent une solution, soit ils s'entretueront tôt ou tard, fatalement. Seulement le Joker s'est échappé et a été remplacé dans sa cellule par un complice. Le Joker s'installe dans un parc d'attraction abandonné et s'entoure de personnes du cirque assez invraisemblables, et de petits êtres assez moches, comme avec Mr Pyg. Il s'organise et attaque le commissaire Gordon en le kidnappant et en tirant sur sa fille. On découvre ainsi un côté assez pervers au Joker qui, après avoir tiré sur la fille de Gordon, la déshabille et prend des photos. Photos qu'il utilisera ensuite pour tenter de faire sombrer Gordon dans la démence. Son but est notamment de démontrer que tout homme peut sombrer dans la folie après une simple mais horrible journée. C'est là le prétexte concocté par Moore pour nous raconter les origines du criminel. Tout au long de l'histoire (somme toute assez courte), le Joker revit les instants qui l'ont créé en tant que criminel fou furieux. Il n'y a jamais eu de véritable origine officielle du Joker, bien que plusieurs versions l'ont décrit comme étant Red Hood (notamment Detective Comics #168 et Killing Joke).

Mais a DC a toujours laissé sous-entendre que la préférence allait à la version de Moore, reprise dans le Who's Who de DC Universe. Le Joker (dont on n'a jamais su le véritable nom) était un ingénieur chimiste, travaillant à l'usine Axis Chemicals. Abandonnant ce travail en pensant gagner sa vie en tant que comédien humoriste, ses plans tombent à l'eau lorsqu'il ne rencontre pas le succès escompté. Or sa femme Jeannie est enceinte et l'angoisse de ne pouvoir subvenir aux besoins de la famille la gagne chaque jour davantage. Il est alors approché par des malfrats qui ont besoin de ses connaissances de l'usine pour s'y introduire. A quelques heures du cambriolage, la police vient le prévenir que sa femme a succombé à ses blessures après un accident domestique. A la fois ivre de douleur et complètement désemparé, il accepte malgré tout la proposition des malfrats et les accompagne à l'usine. Ceux-ci lui font mettre l'attirail de Red Hood afin de tromper l'ennemi. Mais le cambriolage se passe mal et lorsque Batman, dans ses tous premiers débuts, arrive sur les lieux, le Red Hood d'un soir panique et bascule dans un bassin de produits chimiques. Il s'extrait de l'usine par les canalisations d'évacuation, et lorsqu'il retire le masque rouge, il découvre son reflet dans les eaux du canal. Le Joker est né, sombrant définitivement dans la folie et jurant de rendre le monde aussi désaxé que lui. Une seule journée, terrible, aura suffi pour faire basculer son esprit du mauvais côté. Evidemment, comme il l'a été souligné, il ne s'agit pas d'une origine officielle, si ce n'est que le Joker a bien été l'un de ceux qui ont incarné Red Hood. Il dira même à Batman qu'il préfère avoir un passé à choix multiple... The Killing Joke est traduit en français par "Souriez" ou "Rire et mourir". Une traduction un peu approximative, le sens réel étant plutôt "une blague à en mourir (de rire)". On comprend alors mieux l'humour noir qui anime ce one-shot. Batman et Joker sont liés l'un à l'autre, l'un finira fatalement un jour par tuer l'autre, car tous les deux sont bien trop semblables. Et le comble de l'humour noir et de cette atmosphère spéciale si propre à Moore est atteint lorsque le Joker fait rire Batman, du même rire de dingue. Un bon conseil, profitez de cette réédition pour vous le procurer, ou pour le relire si vous l'avez déjà. Il est touours agréable de découvrir ou redécouvrir des classiques, et d'en apprécier l'écho au regard des histoires actuelles. Images DC

dimanche 20 septembre 2009

BATMAN REBORN: BATMAN AND ROBIN (Morrison / Quitely)

Dans la vague de renaissance de Batman, DC publie désormais un également tout nouveau Batman & Robin, avec à l'oeuvre le duo du All-Star Superman, Grant Morrison et Frank Quitely.
Certaines choses ne changent jamais: Robin est plutôt difficile à contrôler pour Batman, l'ancien Nightwing. Pour ce qui est de l'histoire, on sent que la série Batman est plus dans l'actualité du personnage, et que Batman & Robin est plutôt celle qui la complète, sans être inscrite dans l'actualité DC immédiate. Dans Batman (qui approche désormais les 700 numéros), DC se concentre sur l'ex-Nightwing, et présente sa manière de se couler dans la cape de Bruce Wayne. Dans Batman & Robin, le focus se fait davantage sur Robin, et la façon dont le nouveau Batman tente de le gérer.
Côté ambiance, également, il y a une nette différence entre les deux titres. Tandis que Batman s'inscrit dans les couleurs sombres, Batman & Robin présente une multitude de couleurs chaudes. Ce sont des épisodes qui se lisent avec plaisir. Il y a dans cette série menée sur les 3 premiers épisodes par Morrison et Quitely le charme kitsch des vieilles séries TV. Pour preuve, le logo choisi pour le titre, et les ennemis du tandem de héros dans le premier arc: une somme de personnages de cirque, tous plus farfelus les uns que les autres: Mr Toad (Mr Crapaud), la ballerine à barbe de 300 kg, les 3 frères siamois, l'homme en flammes... et leur chef, Mr Pyg, le taré de service avec son masque de cochon qui transforme et charcute ses victimes pour en faire ses poupées vivantes.
Un arc presque trop court (3 épisodes), qui trouvera en quelque sorte une suite dans l'arc suivant, l'un des personnages de ce début de série se trouvant recruté par The Red Hood qui débarque dans les dernières pages.
Acclamée lors de sa sortie, Batman and Robin nouvelle mouture tient ses promesses. Espérons toutefois que que Quitely reviendra vite sur le titre, car dans le #4, il a déjà cédé sa place à Philip Tan. Le style change donc déjà... A suivre, le teaser ci-dessous étant plutôt alléchant:

images DC

dimanche 27 juillet 2008

BATMAN: HUSH (Jeph Loeb / Jim Lee) | DC


"Batman: Hush" est un story arc de 12 épisodes dans la série régulière Batman (à partir du #608). Le détective va avoir fort à faire avec Loeb au scénario. Tous les ennemis de Batman, ou presque, vont lui tomber dessus. Il croisera le Joker, Poison Ivy, Edward Nigma alias The Riddler, Ra's Al Gul... Pas mal d'action, donc, au rendez-vous, mais aussi une vraie intrigue de détective?. Et si vous croyez avoir tout compris, mieux vaut la jouer profil bas et attendre la toute fin des 12 épisodes.
A chaque rencontre avec l'un de ses ennemis, Batman a l'étrange sentiment qu'ils sont en-dehors de leur rayon d'action habituel. Très vite, le malaise s'installe alors que Bruce Wayne se sent cerné, que les catastrophes et les morts s'accumulent. Chaque action, chaque combat ne semble être qu'une diversion par rapport à autre chose. Bref, quelqu'un s'amuse à faire tourner en rond le Dark Knight; quelqu'un qui le connaît intimement, qui connaît son identité, ses habitudes... Batman est une espèce menacée...

Le trait toujours impeccable de Jim Lee confère exactement ce qu'il faut de noirceur et d'ombre dans ce récit pour l'Homme Chauve-souris.

Un bon cru que ce "Batman: Hush", à lire ce n'est déjà fait.

Images © DC Comics

mercredi 7 mai 2008

ALL-STAR BATMAN & ROBIN: The Boy Wonder

! SPOILER !
Quand DC décide de réunir des super-stars du comics sur ses titres phares, cela donne un All-Star Superman et un All-Star Batman: The Boy Wonder de toute beauté. Pour l'heure, arretons-nous sur le Batman / Robin.

D'accord, Batman on commence à connaître, et puis le petit merdeux qui l'accompagne dans son slip de bain ça fait un peu has been. Le couple Batman / Robin est souvent utilisé comme caricature et ça fait doucement sourire.

Oui mais voilà; on ne parle pas de n'importe qui, ici. Jim Lee et Frank Miller c'est du solide et ça promet du grand spectacle.

Oubliez le petit niaiseux bariolé et le grand dadet en noir reclus dans sa cave et tournez les pages du All-Star: Batman est un cinglé à la limite du psychotique et on a vraiment envie de baffer le petit Robin, en avouant tout de même que ce môme de 12 ans a une sacrée répartie.

Le bal est ouvert par Bruce Wayne qui invite la journaliste Vicky Vale à une sortie "cirque". Et oui, le cirque est de passage en ville, ça vaut bien le détour en limousine, non ? Alors que le numéro d'acrobate de la famille Grayson bât son plein, un méchant monsieur abat les deux parents, laissant le petit Dick, 12 ans, seul sur la piste devant le cadavre de ses père et mère. Bruce Wayne n'a que le temps de se changer, de gazer le vilain et de brutalement jeter le mioche dans la Batmobile avant que des policiers douteux ne commencent à tabasser Dick après l'avoir emmené à l'écart.

Batman s'enfuit avec Dick et toute la conversation qui a lieu dans la Batmobile vaut le détour: l'Homme Chauve-souris est à la fois impressionné par le gamin et agacé au plus haut point. Dick Grayson le lui rend bien, balance quelques vannes bien senties à son kidnappeur, bref, Batman n'apparaît pas sous son meilleur jour.

C'est cette mauvaise impression qui pourrait d'ailleurs précipiter sa perte, dans les mains de la Justice League de l'époque, uniquement composée alors de Plastic Man, Green Lantern, Superman, Wonder Woman. WW veut tuer Batman, Superman veut l'arrêter, GL et Plastic Man veulent le raisonner.

Batman vole au secours de Black Canary qui se trouvait confrontée à des malfaiteurs bas de gamme, parmi lesquels se trouve Jocko-Boy, le meurtrier des parents du petit Grayson qui avait réussi à filer. Batman embarque Jocko-Boy ficelé comme un rôti de porc et l'amène à Dick afin qu'il fasse un choix: le tuer ou le livrer à la police (devenir un meutrier - vigilante ou un détective). Dick épargne Jocko-Boy et lui arrache le nom de son emplyeur: Joker.

Dick se fait un costume, accepte de combattre le crime auprès de Batman, et tous deux se rendent au RDV fixé par Green Lantern pour discuter. Autre facette peu reluisante, Batman embobine GL en lui faisant croire sans subtilité que ce petit gamin masqué à côté de lui n'est pas Dick Grayson. Batman se fout ouvertement de la g....le de GL, mais lui montre un journal où Dick apparaît libre et donnant une conférence de presse. Donc Batman n'a lenlév personne ! CQFD ! GL se prend une dérouillée alors que la conversation dégénère, et Dick manque de tuer GL (tout a été repeint en jaune dans la pièce, y compris Batman et Robin). Batman sera obligé de pratiquer une trachéotomie sur Hal Jordan qui suffoque...


Perspectives: le Joker propose un partenariat à Catwoman contre Batman, Black Canary et Batman couchent ensemble... il y a encore de l'avenir dans l'histoire de cette série. Les dessins de Jim Lee sont parfaits et l'histoire concoctée par Frank Miller lui ressemble bien.

Par contre, le rythme de sortie est désespérement long. A l'origine conçue comme un série bismestrielle, nous n'en sommes qu'au numéro 9, et le numéro 10 a été retardé...


images © DC