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mardi 17 janvier 2012

SCARLET (Bendis / Maleev) | ICON


Icon confirme sa fonction d'éditeur comics pour public averti, en publiant ce que la marque consensuelle Marvel ne peut pas décemment proposer à son public traditionnel. Icon fait donc dans le trash et le politiquement incorrect.

La preuve en est avec SCARLET, une hsitoire contemporaine,  ou comment une jeune femme révoltée face au système met en place une véritable guerre contre la corruption.
Portland, Oregon: avec son petit ami, Scarlet est victime d'un policier corrompu, impliqué dans le trafic de drogue et aux abois. A l'issue d'une poursuite à pieds partie d'un contrôle qui dégénère, le policier abat froidement le petit ami et blesse Scarlet d'une balle en pleine tête. Au réveil de son coma, Scarlet découvre que le policier a été blanchi et même promu. Ecoeurée, la jeune femme retrouve son désormais ex-coéquipier, découvre l'étendue de la corruption et du trafic de drogue, et décide de consacrer son temps à son éradication.
Les méthodes de Scarlet sont destinées à faire réfléchir le lecteur: résistance ou terrorisme ? Où est la frontière ? Scarlet traque un à un les membres corrompus de la police de Portland dans le but de les exposer au grand jour. Scarlet ne recule devant aucun moyen, même les plus sanglants. Elle utilise également les moyens de communications modernes et entend bien rallier les citoyens de Portland à sa cause.


La narration est particulière: Scarlet intègre le lecteur de force dans son histoire en s'adressant directement à lui, et en le fixant à travers les pages. En plus d'impliquer le lecteur, cette méthode dynamise l'oeuvre alors que les textes sont très présents.
Quant au dessin, Maleev nous livre un travail très abouti et pointilleux, bien plus abouti que ce qu'il a pu proposer dans des séries régulières sommairement réalisées. Le résultat est d'un réalisme exemplaire et nous affranchit des clichés du genre (bimbos siliconées, héros à la mâchoire carrée, raccourcis du scénario...).


Note : 4/5
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mardi 3 août 2010

STEPHEN KING "N" (Guggenheim / Maleev) La folie est-elle contagieuse ?

Marvel aime adapter des œuvres littéraires en comics. Elle a déjà prouvé qu'il était possible d'adapter des romans de Stephen King de manière cohérente, avec de la qualité, et ainsi attirer un véritable public. C'est le cas des séries consacrées à la Tour Sombre et au Fléau.
Ce sont des titres où il y a une vraie narration, que l'on peut suivre facilement pour le Fléau, ou que l'on peut créer aisément grâce à tous les jalons posés par S.King dans les volumes de la Tour Sombre.

Marvel a récemment relevé un nouveau défi. Toujours tiré des oeuvres de l'auteur américain, est-il possible d'adapter en comics une histoire très courte et hautement psychologique ? Car si Stephen King est connu pour ses romans et ses polars, il est aussi connu pour la dimension psychologique qu'il intègre à toutes ses histoires. Souvent élément indispensable pour bien entrer dans l'intrigue, cette psychologie est le principal personnage de "N".

La folie peut-elle être contagieuse ? A travers le journal d'un psycho-thérapeute, le lecteur est amené à se poser la question, de manière presque angoissante. Un homme se présente au cabinet du thérapeute avec un cas de troubles obsessionnels compulsifs qui lui gâchent la vie. Il pense par ailleurs que ce TOC lui a été "transmis". Photographe amateur, il se perd dans le Maine et remarque un alignement de pierres dressées dans un champ. Il remarque aussi qu'il n'y en a que 7 à l'œil nu, mais 8 quand on les regarde à travers un objet, comme son appareil photo par exemple. Or il finit par ressentir au fil du temps des angoisses qui le poussent à venir sans cesse vérifier, et plus particulièrement à certaines périodes, qu'il y a bien 8 pierres et non pas 7, persuadé que dans le cas contraire, quelque chose pourrait en sortir. Seul un certain rituel permet de s'en assurer, qui a tout l'air du trouble obsessionnel compulsif.

Au fil du temps, il s'est retrouvé à compter tout ce qu'il croise, analyser certains chiffres comme mauvais, et d'autres comme bons, et placer des objets en cercle comme les pierres dans le champ.
Tous les précédents propriétaires du champ ou protecteurs des pierres (ceux qui se trouvent d'une manière ou d'une autre en possession de la clé de la barrière en déterminant l'accès) sont morts suicidés ou presque.  Malgré sa qualité d'homme de science, le thérapeute se trouve peu à peu ébranlé par ce que lui raconte son patient...

De manière assez surprenante l'angoisse des personnages, la montée de la tension, jusqu'au dénouement final, sont très bien représentées. L'écriture est percutante, elle s'adresse parfaitement au lecteur qui s'y trouve mêlé malgré lui, ce qui était bien sûr le but recherché.
La narration est confortée par les dessins particuliers de Maleev, à la fois précis et vagues. Le trait est sûr: on reconnaît facilement les personnages, les amateurs de véhicules reconnaissent sans problème les marques et les modèles, les contours sont nets. Le côté plus vague intervient davantage au niveau des couleurs, souvent dégradées, mouchetées, rarement unies. L'atmosphère est sombre et pesante. Le lecteur évolue dans l'antre du mystère et de la folie: le patient a-t-il raison, est-il dément, pourquoi nous ressemble-t-il tant ? Les personnages sont banals, tout le monde peut s'identifier à eux.

Le pari semble donc réussi pour cette nouvelle adaptation d'une histoire de Stephen King.


Note: 4/5
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mercredi 6 mai 2009

HALO UPRISING (Bendis / Maleev) | MARVEL

Halo Uprising vient seulement de trouver sa conclusion, en avril 2009. Parce qu'il y avait beaucoup de numéros ? Pas vraiment, il n'y en avait que quatre... Apparemment, aucune raison n'a été dévoilée quant aux divers délais qui ont été imposés à la sortie des numéros de la mini-série (Comic Book Resources). Tout ce que l'on sait, c'est que l'étalement était a priori volontaire et issu de la collaboration entre Bungie et Marvel. Ainsi, la série qui devait être entièrement publiée avant septembre 2007, c'est-à-dire avant la sortie de Halo 3, a subi un re-étalement des dates et a finalement commencé à sortir en Août 2007 pour se terminer en avril 2009 (au lieu d'octobre 2007). Le troisième épisode, notamment, s'est vu repousser d'août 2007 à août 2008. Bref, largement le temps de se demander si le projet n'était pas tombé dans les oubliettes entre 2 numéros.
Du coup, l'intérêt de la série en a pris un sacré coup. En effet, l'histoire racontée dans Halo Uprising se situe chronologiquement entre Halo 2 et Halo 3. Au moins, IDW a fini Terminator Salvation avant la sortie du prochain film et pareil pour G.I Joe (bon, d'accord, ça joue plus sur la nostalgie éveillée chez les lecteurs ayant autour de la trentaine que sur la subtilité littéraire).
Nous nous trouvons donc à la fin de Halo 2. Les Covenants ont découvert les coordonnées de la Terre et se dirigent vers elle en éradiquant tout sur leur passage. Le Master Chief, quant à lui, est à bord d'un vaisseau Forreruner, avant de se faire capturer un certain moment. Il réussira à s'échapper et décidera de s'attaquer au Prophète Covenant.
Dans un deuxième point de vue, le colonel Ackerson est capturé au niveau de Mars et, interrogé et torturé, il révèle à ses bourreaux que la Terre ne peut être conquise que si ces derniers trouvent la Clé d'Osanalan. Cette Clé est censée se trouver à Cleveland, Ohio. L'armada Covenant débarque alors à Cleveland et cherche sans trop de subtilité ni succès cette fameuse clé.
Dans la tourmente, le hasard fait se rencontrer Ruwan, concierge d'un hôtel de Cleveland, et Myras Tyla, connue dans le monde de la chanson. Ruwan est loin d'être un exemple de courage et de sang-froid, comparé à la jeune femme qui l'accompagne. Pourtant, Ruwan sera le seul à détenir le mot de la fin.
Halo Uprising n'est pas une série sur le Master Chief. Celui-ci n'apparaît pas pour plus d'un tiers dans l'importance de l'histoire. Ruwan et Tyla, et les soldats de l'UNSC lui disputent son importance. On peut donc dire que la série se situe plus sur le contexte du monde créé par Bungie dans ses jeux vidéos. C'est plutôt réussi et le rythme est bien mené. Côté dessin, c'est Alex Maleev qui s'y colle, donnant une atmosphère spéciale à la série, la rendant à la fois plus réaliste que les titres habituels de Marvel (et à part, évidemment, ceux dessinés par Maleev), mais aussi un peu plus statique et parfois difficile à suivre dans tout ce sombre, même si les scènes d'action du Master Chief sont réussies.
Marvel a également annoncé d'autres séries exploitant le titre phare de Bungie. Espérons que ce sera plus rapide...


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